Technique PATH mini-invasive postérieure

Publié le Publié dans Hanche, Hanche Techniques de Prothèse

techniques mini-invasives

Le but des techniques mini-invasives est de diminuer la taille des incisions.
L’attrait esthétique est secondaire, mais présent. L’amélioration postopératoire immédiate que nous constatons, avec cette méthode est liée à la préservation des « parties molles », et tout particulièrement des rotateurs courts externes, et à la diminution des tractions sur le moyen fessier. L’énorme avantage de cette technique “PATH” est qu’il n’y a aucune luxation de la hanche pour exposer l’articulation et couper le col fémoral. Donc cela diminue les tractions et distensions sur les tissus entourant l’articulation (qui sont très distendus lors des autres techniques antérieures ou postérieures imposant des luxations de l’articulation.

 

 

Il y a clairement une mutation dans le domaine de la prothèse totale de hanche. Autrefois, la pose d’une prothèse totale de hanche impliquait des journées de douleurs et de souffrance ; des semaines d’activité et de fonctionnement très limités, accompagnés d’une restriction des mouvements visant à réduire le taux de luxation; des semaines et des semaines de rééducation pour obtenir un résultat optimal.

Alors qu’aujourd’hui, un patient, très dynamique, peut débuter la rééducation dans les heures qui suivent l’intervention, marcher et redevenir totalement autonome en quelques jours, regagner son domicile rapidement, sans nécessité de centre de rééducation.

PLANIFICATION PRE-OPERATOIRE

planification pré-opératoire

La planification pré-opératoire permet d’organiser la stratégie per-opératoire pour retrouver une hanche fonctionnelle, en restaurant l’anatomie de l’articulation, la longueur du membre inférieur.

 

 

 

CHIRURGIE

Le patient est installé en décubitus latéral sur la table d’opération, maintenu dans cette position par un appui sacré postérieur et un appui pubien antérieur.

L’incision débute 1 cm en dessous du bord postéro-supérieur du grand trochanter, et s’étend dans la fesse dans l’axe de la cuisse, lorsqu’on place le membre inférieur en adduction, flexion, rotation interne. La longueur de l’incision cutanée varie en fonction de la taille du patient et de l’expérience du chirurgien.

L’aponévrose du grand fessier est incisée dans l’axe de la cicatrice, depuis le bord postéro-supérieur du grand trochanter. Les fibres musculaires sont ensuite discisées dans leur direction.

inscision

Il est prudent d’identifier le nerf sciatique pour éviter d’étendre les incisions postérieures vers lui.

Le paquet graisseux recouvrant les muscles pelvi-trochantériens est excisé. Cela permet d’identifier le tendon du pyramidal, parfois recouvert par les fibres plus superficielles du moyen fessier.

Libération du tendon du pyramidal

 

Un écarteur de Langenbeck est soulève les fibres musculaires du moyen et du petit fessier, au dessus du tendon du pyramidal. Le tendon du pyramidal est libéré aussi près que possible de son insertion sur le pôle postéro-supérieur du grand trochanter.

Après la libération du tendon du pyramidal, la capsule sous-jacente est libérée des fibres musculaires du muscle pyramidal.

Incision capsulaire

L’incision capsulaire est débutée verticalement, dans l’axe du tendon pyramidal, parallèlement au bord supérieur du tendon obturateur interne. Au ras de la paroi postérieure et supérieure du cotyle osseux, la capsule est incisée transversalement, pour créer un T inversé. La hanche est orientée en adduction, et flexion modérée. Il faut prendre soin de ne pas désinsérer les muscles rotateurs externes courts restants. L’insertion capsulaire sur le col fémoral, au raz du grand trochanter est conservée. La tête fémorale n’est pas luxée.

Résection du col fémoral

Après la luxation, deux écarteurs contre-coudés sont insérés du part et d’autre du col fémoral.

La hanche ne change pas de position. Le col fémoral est coupé d’abord au raz de la tête fémorale puis quelques centimètres, plus proche de sa base, permettant d’extraire une tranche de col. La tête fémorale est alors libre. Elle est extraite, à l’aide d’un tire-bouchon. Il faut contrôler le trajet de la lame de scie pour ne pas fragiliser la base du grand trochanter, ni la capsule et les muscles pelvi-trochantériens qui doivent rester attachés au col fémoral. La hauteur de coupe du col fémoral est vérifiée par apport à la selle de reflexion col/grand trochanter et corrélée à la planification pré-opératoire. Il est souvent utile de couper à la bonne hauteur le col fémoral à cet étape opératoire, si la hauteur de résection n’est pas satisfaisante, pour faciliter l’exposition du cotyle.

Préparation acétabulaire

Un écarteur contrecoudé est accroché à la paroi antérieure du cotyle pour refouler le grand trochanter en avant. Le membre inférieur est alors reposé sur la table d’opération pour améliorer l’exposition cotyloïdienne.

4

Deux clous de Steinmann sont plantés l’un dans l’ischion et l’autre au toit du cotyle pour récliner le plan capsulo-musculaire postérieur. Il est possible de remplacer le clou postérieur par l’écarteur acétabulaire PINPOINT™.


 

 

La cavité acétabulaire (cotyloïdienne) est nettoyé des tissus mous et le labrum est excisé. Il faut que tout le pourtour cotyloïdien soit visible. Les ostéophytes de l’arrière fond acétabulaire sont abattus au ciseau frappé ou avec une fraise de petit diamètre et le ligament rond est excisé. L’hémostase de l’artère du ligament rond est effectuée si son saignement est visible. Le ligament transvers de l’acétabulum et le rebord obturateur sont identifiés pour repérer leur situation.

5

L’originalité du système Path est son trocart et sa canule qui permette de travailler le cotyle comme si une voie postéro-latérale était effectuée. L’ensemble du guide est positionné avec le repérage de l’arrière fond de l’acétabulum et la contre-incision effectuée le long du fémur.

 

 

 

 

Les fraises sont introduites par l’incision principale et l’alésage est pratiqué avec l’orientation habituelle, à partir de la contre incision.

6

L’alésage se poursuit de manière classique jusqu’en os sous-chondral. La cupule d’essai est testée pour s’assurer de l’orientation et de la continence de la cavité préparée. Le positionnement précis du composant est effectué à l’aide du guide d’alignement qui sert de porte-cupule et d’indicateur d’alignement. Le composant acétabulaire est impacté au point de stabilité à environ 40° d’abduction et 20 à 25° d’antéversion.

7

Préparation fémorale

Les pins et écarteurs sont ôtés du cotyle. Le membre inférieur est posté en flexion à 45°, adduction maximale et rotation interne maximale.

 

Un écarteur contrecoudé latéralisé est placé sous la capsule, le long de la face postérieure et médiale du col fémoral pour récliner le plan caspulo-musculaire pelvi-trochantériens. Les parties molles de la face médiale du grand trochanter et de la base du col sont excisées. La zone de réflexion (la selle) du col vers le grand trochanter est identifiée. Elle détermine la hauteur de résection du col fémoral et le point d’entrée de la tige fémorale dans le canal médullaire.

8

Le trajet de la tige fémorale est préparé soit au ciseau emporte-pièce soit à la curette. Il faut veiller à soigneusement enlever l’éperon osseux que forme la face interne du grand trochanter, responsable d’une varisation de la tige fémorale.

9

Le travail fémoral est effectué de façon habituelle, d’abord en alésant le canal médullaire puis en descendant les râpes, jusqu’au calage complet.

Essai

Un col et une tête d’essai sont adaptés et la hanche est réduite.

10

On vérifie les secteurs de mobilité et la stabilité de la hanche. La stabilité de la hanche est appréciée aussi par la tension des muscles et notamment du moyen fessier, par le repositionnement du muscle pyramidal sur le grand trochanter, par la longueur du membre inférieur. Il faut s’assurer de l’absence de conflit osseux entre fémur et bassin.

11

Une fois ces essais satisfaisants, le fémur est nettoyé. Puis la tige fémorale définitive est implantée. Le col fémoral est ensuite adapté, selon les résultats des essais et du calage de la prothèse définitive, par apport à celui de la tige d’essai.

Fermeture

La fermeture se fait de façon habituelle, en repositionnant le tendon pyramidal sur le grand trochanter.