Coxarthrose bilatérale : les deux hanches touchées, que faire ?

En bref

  • L’atteinte des deux hanches par l’arthrose représente environ 25 % des cas de coxarthrose, nécessitant une évaluation globale de la mobilité.
  • Le traitement chirurgical par prothèse totale de hanche peut s’envisager de manière simultanée ou espacée de quelques mois.
  • L’intervention bilatérale en un seul temps opératoire réduit la durée globale de rééducation mais exige un bilan cardiovasculaire préopératoire strict.

L’arthrose coxo-fémorale correspond à la dégradation progressive et irréversible du cartilage de l’articulation de la hanche. La destruction articulaire entraîne un pincement de l’interligne, une condensation de l’os sous-chondral et la formation d’ostéophytes. Lorsque cette pathologie dégénérative touche les deux articulations, le retentissement sur la biomécanique pelvienne et la marche est majeur.

La prise en charge d’une coxarthrose bilatérale exige une planification thérapeutique spécifique. La perte d’autonomie s’installe plus rapidement que lors d’une atteinte unilatérale, les mécanismes compensatoires étant rendus inopérants par la double atteinte articulaire.

L’évaluation clinique initiale permet de quantifier le périmètre de marche résiduel et le degré de raideur articulaire. Cette analyse dicte le calendrier thérapeutique, orientant le patient vers un traitement conservateur ou une solution chirurgicale prothétique adaptée à son état physiologique.

Manifestations cliniques et diagnostic

Les Symptômes de la coxarthrose se manifestent principalement par une douleur de rythme mécanique. Cette douleur siège typiquement au pli de l’aine, irradiant parfois vers la face antérieure de la cuisse ou le genou. Elle cède généralement au repos mais réapparaît lors de la mise en charge.

L’atteinte bilatérale modifie le schéma de marche, provoquant une boiterie d’esquive bilatérale souvent décrite comme une marche en canard. La raideur articulaire matinale s’estompe après quelques minutes de dérouillage, mais l’amplitude des mouvements se réduit inexorablement avec l’évolution de la maladie.

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Le diagnostic de certitude repose sur un bilan radiographique standard comprenant :

  • Une radiographie du bassin de face en charge pour évaluer la symétrie de l’atteinte.
  • Des faux profils de Lequesne pour analyser l’interligne articulaire antérieur.
  • Des profils axiaux ou chirurgicaux de chaque hanche.

Prise en charge médicale initiale

Avant d’envisager une intervention chirurgicale, une approche conservatrice est systématiquement instaurée. Le Traitement de la coxarthrose vise d’abord à soulager la douleur et à maintenir la fonction articulaire le plus longtemps possible.

La perte de poids constitue une mesure primordiale pour diminuer les contraintes mécaniques sur les têtes fémorales. Cette décharge pondérale ralentit la progression de la destruction cartilagineuse et améliore l’efficacité des traitements antalgiques administrés par voie orale.

L’arsenal thérapeutique médical comprend plusieurs axes d’intervention :

  • La prescription d’antalgiques de palier 1 ou 2 et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens en cure courte.
  • La kinésithérapie pour entretenir les amplitudes articulaires et renforcer la musculature péri-articulaire.
  • Les infiltrations intra-articulaires de corticoïdes sous contrôle radiographique ou échographique.
  • L’utilisation d’aides à la marche, comme des cannes anglaises, pour soulager l’appui.

Stratégie chirurgicale : un ou deux temps opératoires

L’échec du traitement médical et l’altération sévère de la qualité de vie posent l’indication d’une arthroplastie totale de hanche. La particularité de l’atteinte bilatérale réside dans le choix du calendrier chirurgical : opérer les deux hanches simultanément ou différer la seconde intervention.

La chirurgie bilatérale simultanée présente l’avantage d’une seule anesthésie, d’une seule hospitalisation et d’une période de rééducation unique. Elle corrige immédiatement les inégalités de longueur des membres inférieurs, facilitant la reprise d’une marche équilibrée dès les premiers jours postopératoires.

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Cette approche en un temps reste toutefois réservée aux patients présentant un excellent état général. Les critères de sélection stricts incluent un âge physiologique favorable, un indice de masse corporelle contrôlé et l’absence de comorbidités cardiovasculaires ou respiratoires sévères.

Déroulement des interventions espacées

Pour les patients ne répondant pas aux critères de la chirurgie simultanée, la pose de prothèses en deux temps est privilégiée. Cette stratégie minimise les risques de saignement peropératoire, le temps d’anesthésie et le stress chirurgical global imposé à l’organisme.

La hanche la plus douloureuse ou la plus enraidie est opérée en premier. Le délai entre les deux interventions varie habituellement de trois à six mois. Cette période permet une cicatrisation complète et une récupération musculaire suffisante du premier membre opéré.

La rééducation entre les deux actes chirurgicaux s’avère parfois complexe, la hanche non opérée limitant les progrès fonctionnels de la hanche appareillée. Une surveillance médicale rapprochée assure la gestion de la douleur controlatérale dans l’attente de la seconde arthroplastie.

La prise en charge de l’arthrose coxo-fémorale bilatérale nécessite une évaluation clinique rigoureuse pour définir le projet thérapeutique optimal. La décision entre une intervention simultanée ou espacée dépend intimement des réserves physiologiques du patient et de l’architecture osseuse. Une consultation orthopédique spécialisée permet d’analyser la balance bénéfice-risque de chaque stratégie. L’objectif final demeure la restitution d’une biomécanique pelvienne indolore et la restauration d’une autonomie de marche pérenne.

Questions fréquentes

Faut-il opérer les deux hanches en même temps ?

L’intervention simultanée est réalisable chez les patients en bon état général, sans antécédents cardiovasculaires lourds. Elle permet une seule anesthésie et une rééducation unique, mais augmente le risque de saignement et le stress métabolique peropératoire.

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Quel est le délai entre deux opérations si elles sont décalées ?

Le délai habituel entre deux poses de prothèse totale de hanche s’étend de trois à six mois. Ce laps de temps garantit une récupération fonctionnelle et musculaire suffisante du premier côté opéré pour supporter l’appui lors de la seconde intervention.

La rééducation est-elle plus longue pour une chirurgie bilatérale ?

La durée totale de rééducation est paradoxalement raccourcie en cas de chirurgie simultanée par rapport à deux interventions espacées de plusieurs mois. La reprise de l’appui complet s’effectue généralement dès le lendemain de l’opération sous couvert d’antalgiques.

Sources :

  • Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) – Recommandations sur l’arthroplastie totale de hanche et la prise en charge de la coxarthrose.
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Guide du parcours de soins : prise en charge thérapeutique de la coxarthrose.

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