En bref
- La tendinopathie latérale concerne le moyen glutéal, tandis que l’atteinte antérieure implique le psoas iliaque.
- Le diagnostic repose sur un examen clinique rigoureux complété par une échographie ou une IRM pelvienne.
- Le traitement de première intention reste médical, la chirurgie étant réservée aux ruptures ou aux échecs thérapeutiques prolongés.
Les tendinopathies péri-articulaires coxofémorales représentent un motif fréquent de consultation en orthopédie. La pathologie regroupe principalement deux entités cliniques distinctes nécessitant une approche ciblée. Une tendinite hanche correspond le plus souvent à une souffrance du tendon du muscle moyen glutéal ou du muscle psoas iliaque.
L’usure tendineuse résulte généralement d’une sursollicitation mécanique, d’un déséquilibre musculaire ou d’une dégénérescence liée au vieillissement tissulaire. L’identification précise du tendon inflammé dicte l’ensemble de la stratégie thérapeutique ultérieure.
Anatomie et localisation des lésions
L’articulation coxofémorale est stabilisée par de puissants groupes musculaires dont les tendons s’insèrent sur des reliefs osseux spécifiques. L’atteinte inflammatoire ou dégénérative se situe généralement sur deux zones d’insertion précises. Une Douleur à la hanche nécessite une localisation topographique exacte lors de l’examen clinique initial.
- Le grand trochanter : relief osseux externe servant d’ancrage aux muscles petit et moyen glutéaux.
- L’éminence ilio-pectinée : zone de glissement antérieure du tendon du psoas iliaque.
- Les bourses séreuses : poches de glissement annexes, souvent le siège d’une bursite associée.
Présentation clinique et symptômes
Le tableau clinique diffère radicalement selon le tendon incriminé. La tendinopathie du moyen glutéal provoque des douleurs latérales, exacerbées par le décubitus latéral. Le patient décrit une impossibilité de dormir sur le côté atteint. L’irradiation prend souvent la forme d’une Douleur hanche et cuisse descendant sur la face externe du membre inférieur.
La souffrance du psoas iliaque se manifeste par une douleur inguinale antérieure. La flexion active contrariée de la cuisse déclenche la symptomatologie. Un ressaut audible ou palpable accompagne parfois le mouvement lors de l’extension de la jambe, signant un conflit mécanique.
Examens complémentaires et diagnostic
L’interrogatoire et la palpation orientent le diagnostic, mais l’imagerie confirme l’atteinte lésionnelle. La radiographie standard élimine une pathologie articulaire sous-jacente comme la coxarthrose. L’échographie constitue l’examen de première intention pour analyser l’architecture tendineuse et détecter une bursite.
Une Douleur à la hanche droite ou gauche persistante justifie la prescription d’une IRM. Cet examen objective les ruptures tendineuses partielles ou transfixiantes. L’IRM quantifie également l’infiltration graisseuse du muscle, un facteur pronostic déterminant avant toute décision chirurgicale.
- Radiographie du bassin de face et faux profil de Lequesne pour éliminer une atteinte ostéo-articulaire.
- Échographie tendineuse comparative bilatérale pour évaluer l’inflammation locale.
- IRM pelvienne en cas de suspicion de rupture ou de résistance au traitement conservateur.
Protocoles de traitement médical
La prise en charge initiale reste exclusivement conservatrice. Le repos sportif relatif s’accompagne d’une prescription d’antalgiques et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens en phase aiguë. La kinésithérapie occupe une place centrale dans le processus de guérison tissulaire.
Le travail excentrique et les ondes de choc radiales favorisent la cicatrisation des fibres collagènes. En cas d’échec après six semaines, une infiltration de corticoïdes sous contrôle échographique offre un soulagement antalgique puissant. L’injection de plasma riche en plaquettes (PRP) constitue une alternative thérapeutique documentée pour relancer la cicatrisation.
Indications du traitement chirurgical
La chirurgie s’envisage uniquement après échec d’un traitement médical bien conduit pendant six à douze mois. L’intervention se déroule le plus souvent sous arthroscopie, une technique mini-invasive réduisant le délabrement tissulaire et accélérant la récupération fonctionnelle.
Pour le syndrome du grand trochanter, le chirurgien réalise une bursectomie associée à une réinsertion tendineuse par ancres chirurgicales. Concernant le psoas iliaque, une ténotomie d’allongement intra-articulaire supprime le conflit mécanique et le ressaut douloureux. Les suites opératoires exigent une rééducation stricte de plusieurs mois.
La prise en charge des tendinopathies coxofémorales exige une analyse clinique rigoureuse pour différencier une atteinte latérale d’une atteinte antérieure. Le traitement conservateur guérit la grande majorité des lésions grâce à une rééducation ciblée et progressive. Le recours à l’acte chirurgical reste une exception, réservée aux ruptures avérées ou aux formes chroniques invalidantes. Une évaluation orthopédique spécialisée détermine la stratégie thérapeutique optimale selon le stade lésionnel.
Questions fréquentes
Combien de temps dure la guérison d’une tendinopathie coxofémorale ?
La cicatrisation tendineuse demande plusieurs semaines à plusieurs mois. Le délai dépend de l’ancienneté des lésions et de l’assiduité aux séances de rééducation. Une reprise trop précoce des activités sportives expose à un risque élevé de récidive.
Faut-il continuer à marcher avec une tendinite du moyen glutéal ?
La marche reste recommandée, mais sans forcer sur la douleur. Lors des phases hyperalgiques, une décharge partielle avec béquilles soulage le tendon. La mise en charge doit ensuite être progressive, encadrée par un kinésithérapeute.
L’infiltration de corticoïdes est-elle systématique ?
L’infiltration n’intervient pas en première intention. Elle est proposée uniquement si le repos, les anti-inflammatoires et la kinésithérapie ne procurent pas d’amélioration après plusieurs semaines. Son objectif est de réduire l’inflammation pour faciliter la reprise de la rééducation.
Sources :
- Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) – Recommandations de bonne pratique sur les tendinopathies du membre inférieur.
- Haute Autorité de Santé (HAS) – Pertinence des actes d’imagerie dans la prise en charge des douleurs de hanche de l’adulte.
- Collège Français des Médecins Rhumatologues (CFMR) – Protocoles de prise en charge des douleurs péri-articulaires coxofémorales.
