Tendinite de la hanche : grand trochanter ou psoas iliaque ?

En bref

  • Le syndrome douloureux du grand trochanter correspond à une souffrance des tendons fessiers sur la face latérale de l’articulation.
  • L’atteinte du psoas iliaque se manifeste par des douleurs antérieures dans le pli de l’aine, souvent associées à un ressaut.
  • Le traitement de première intention reste médical, la chirurgie n’étant envisagée qu’après six mois d’échec thérapeutique.

Les algies de la région coxo-fémorale constituent un motif très fréquent de consultation en orthopédie. Une évaluation clinique rigoureuse permet d’identifier l’origine anatomique exacte de la douleur. Le terme générique de tendinite hanche regroupe en réalité deux entités pathologiques totalement différentes. La tendinopathie du moyen glutéal se localise sur le grand trochanter, tandis que la souffrance du psoas iliaque affecte la région antérieure. Une prise en charge thérapeutique adaptée repose obligatoirement sur cette distinction anatomique fondamentale.

Anatomie : grand trochanter et psoas iliaque

Le grand trochanter correspond au relief osseux palpable sur la face externe de la cuisse. Il sert de zone d’insertion aux tendons des muscles petit et moyen glutéaux. Ces muscles jouent un rôle fondamental dans la stabilisation du bassin lors de l’appui unipodal à la marche.

Le psoas iliaque représente le principal muscle fléchisseur de l’articulation coxo-fémorale. Son tendon chemine sur le bord antérieur du bassin avant de s’insérer sur le petit trochanter, situé à la face interne et supérieure du fémur. Cette différence de trajet explique la localisation distincte des signes cliniques.

Signes cliniques et diagnostic différentiel

Les manifestations cliniques varient considérablement selon le tendon lésé. L’interrogatoire et l’examen physique orientent d’emblée le diagnostic topographique. Toute Tendinite non diagnostiquée évolue fréquemment vers une chronicité invalidante ou une bursite associée.

  • Atteinte trochantérienne : douleur latérale exacerbée par le décubitus latéral nocturne.
  • Atteinte trochantérienne : boiterie d’esquive et douleur vive à l’appui unipodal prolongé.
  • Atteinte du psoas : douleur inguinale antérieure survenant lors de la flexion active.
  • Atteinte du psoas : sensation de ressaut ou claquement parfois audible à la marche.
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Examens d’imagerie nécessaires

La radiographie standard du bassin de face et du fémur de profil reste systématique. Elle permet d’éliminer une pathologie articulaire sous-jacente, telle qu’une coxarthrose débutante ou une nécrose de la tête fémorale. L’échographie confirme ensuite l’épaississement tendineux et détecte un éventuel épanchement dans la bourse séreuse.

L’IRM pelvienne constitue l’examen de référence pour une évaluation tissulaire profonde. Elle permet de quantifier le grade de la tendinopathie et de rechercher une rupture tendineuse, qu’elle soit partielle ou transfixiante. L’IRM élimine également d’autres causes de douleurs inguinales comme une lésion du bourrelet cotyloïdien.

Protocoles de traitement médical

La première ligne thérapeutique reste toujours conservatrice. Le repos relatif et l’adaptation des activités physiques sont indispensables. La physiopathologie et les principes de rééducation sont similaires à ceux observés pour les Symptômes tendinite du genou ou la Tendinite d’Achille.

  • Prescription d’antalgiques et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens en phase aiguë.
  • Kinésithérapie associant travail musculaire excentrique et étirements spécifiques.
  • Ondes de choc extracorporelles pour relancer le processus de cicatrisation tendineuse.
  • Infiltration de corticoïdes sous contrôle échographique en cas de bursite hyperalgique.

Indications pour un traitement chirurgical

L’intervention chirurgicale s’envisage uniquement après échec d’un traitement médical bien conduit pendant au moins six mois. Pour le syndrome trochantérien rebelle, une réparation endoscopique des tendons glutéaux associée à une bursectomie est réalisée. Le geste dépend de l’étendue de la désinsertion tendineuse.

Concernant le conflit antérieur du psoas iliaque, un allongement tendineux par arthroscopie permet de lever la tension mécanique. Les suites opératoires impliquent une période de décharge partielle de quelques semaines. La reprise des activités sportives s’effectue progressivement après validation par le chirurgien.

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La distinction clinique entre une atteinte latérale du grand trochanter et une atteinte antérieure du psoas iliaque conditionne l’efficacité du traitement. L’imagerie médicale moderne permet de confirmer les lésions anatomiques avec une grande précision. La grande majorité de ces tendinopathies guérit grâce à une prise en charge médicale et rééducative rigoureuse. Une consultation orthopédique spécialisée reste indispensable en cas de douleurs persistantes pour discuter d’une indication chirurgicale.

Questions fréquentes

Quel est le délai de guérison d’une tendinopathie coxo-fémorale ?

La récupération tissulaire nécessite généralement entre trois et six mois. Ce délai varie selon l’ancienneté des lésions, le respect du repos relatif et la rigueur du suivi kinésithérapique.

La marche est-elle recommandée en cas de crise douloureuse ?

La marche reste possible mais doit être strictement limitée au seuil de la douleur. L’utilisation temporaire d’une canne du côté opposé à la lésion permet de décharger l’articulation et de soulager les tendons.

Une infiltration sous échographie présente-t-elle des risques ?

Le guidage échographique garantit la précision millimétrique du geste et minimise les complications locales. Le risque infectieux demeure exceptionnel grâce au respect strict des protocoles d’asepsie chirurgicale.

Sources :

  • Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) – Recommandations de bonne pratique sur les tendinopathies pelvi-trochantériennes.
  • Collège Français des Enseignants en Rhumatologie (COFER) – Pathologies abarticulaires du membre inférieur et syndromes canalaires.

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