Gonarthrose fémorotibiale interne : diagnostic et traitement

En bref

  • La gonarthrose fémorotibiale interne correspond à l’usure du cartilage du compartiment médial du genou, souvent associée à un morphotype en genu varum.
  • Le diagnostic repose sur l’examen clinique et des radiographies spécifiques en charge révélant un pincement de l’interligne articulaire.
  • La prise en charge débute par un traitement médical conservateur, la chirurgie de réaxation ou de remplacement étant réservée aux échecs thérapeutiques.

L’arthrose du genou représente la pathologie articulaire la plus fréquente du membre inférieur. La gonarthrose fémorotibiale interne constitue la forme topographique prédominante, représentant près de 75 % des cas d’arthrose unicompartimentale. Cette affection dégénérative se caractérise par une dégradation progressive du cartilage situé entre le condyle fémoral interne et le plateau tibial interne.

L’évolution naturelle mène à un contact osseux direct, générant des douleurs mécaniques et une limitation fonctionnelle croissante. La prise en charge exige une évaluation précise de l’usure cartilagineuse et de l’axe de la jambe. Une stratégie thérapeutique graduée permet de préserver la mobilité articulaire et de planifier l’intervention chirurgicale selon le stade d’évolution.

Mécanismes et facteurs de risque

Le compartiment fémorotibial interne supporte physiologiquement une charge supérieure au compartiment externe lors de la marche. Une déviation de l’axe du membre inférieur en genu varum accentue considérablement cette contrainte mécanique. Cette hyperpression localisée initie une chondropathie du genou, première étape de la dégradation cartilagineuse.

Le surpoids constitue un facteur aggravant majeur, multipliant les forces de compression articulaires à chaque appui. Les antécédents de traumatismes articulaires modifient également la cinématique du genou et accélèrent l’usure du compartiment médial.

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Les lésions structurelles antérieures favorisant cette dégénérescence comprennent :

  • Les antécédents de méniscectomie interne altérant l’amortissement articulaire.
  • Les ruptures anciennes du ligament croisé antérieur générant une instabilité chronique.
  • Les fractures articulaires consolidées avec un cal vicieux.

Présentation clinique et diagnostic

Le patient rapporte typiquement une douleur mécanique siégeant à la face interne du genou. Cette symptomatologie s’aggrave à la marche, lors de la montée des escaliers et cède au repos. Des épanchements articulaires récidivants traduisent les poussées inflammatoires de la pathologie.

L’examen clinique recherche des signes de souffrance du compartiment médial, évalue l’amplitude articulaire et objective la déformation axiale. Le bilan radiographique standard confirme le diagnostic et quantifie la sévérité de l’atteinte.

Le protocole d’imagerie requiert plusieurs incidences spécifiques :

  • Radiographies en charge de face et de profil pour évaluer le pincement de l’interligne articulaire.
  • Incidence en schuss (flexion à 30°) pour détecter une usure postérieure débutante.
  • Pangonométrie des membres inférieurs afin de mesurer la déviation axiale (angle HKA).

Options de traitement médical

La prise en charge initiale privilégie systématiquement une approche conservatrice. Le traitement de l’arthrose du genou vise à soulager la douleur et à maintenir la fonction articulaire. La perte de poids constitue une mesure thérapeutique fondamentale pour réduire les contraintes mécaniques.

La rééducation fonctionnelle renforce le quadriceps et les ischio-jambiers, stabilisant ainsi l’articulation lors de la marche. Les antalgiques de palier 1 et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont prescrits ponctuellement lors des poussées douloureuses.

Les infiltrations intra-articulaires complètent l’arsenal thérapeutique médical :

  • Injections de corticoïdes pour un soulagement rapide lors des poussées congestives.
  • Viscosupplémentation par acide hyaluronique pour améliorer la lubrification articulaire.
  • Injections de plasma riche en plaquettes (PRP) selon les indications cliniques.
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Indications et techniques chirurgicales

L’intervention chirurgicale s’envisage en cas d’échec du traitement médical bien conduit, face à un retentissement fonctionnel sévère. Le choix de la technique dépend de l’âge du patient, du stade de l’arthrose et de l’état des autres compartiments du genou.

L’ostéotomie tibiale de valgisation (OTV) s’adresse aux patients jeunes et actifs présentant un morphotype en genu varum. Cette chirurgie conservatrice réaxe le membre inférieur pour transférer les charges vers le compartiment externe sain, préservant ainsi l’articulation native.

L’arthroplastie remplace les surfaces articulaires usées par des implants métalliques et en polyéthylène. La prothèse unicompartimentale (PUC) ne resurface que le compartiment interne, préservant le capital osseux et les ligaments croisés. La prothèse totale de genou (PTG) s’impose si l’arthrose s’étend aux autres compartiments.

L’usure du compartiment fémorotibial interne nécessite une évaluation clinique et radiographique rigoureuse. La prise en charge débute par des mesures médicales et hygiéno-diététiques visant à décharger l’articulation et à soulager les symptômes. La chirurgie offre des solutions pérennes, de l’ostéotomie de réaxation à l’arthroplastie, adaptées au profil biomécanique de chaque patient. Une consultation spécialisée auprès d’un chirurgien orthopédiste permet de définir la stratégie thérapeutique optimale en fonction du retentissement fonctionnel et de l’évolution structurelle de la pathologie.

Questions fréquentes

Peut-on guérir d’une gonarthrose fémorotibiale interne ?

L’arthrose est une pathologie dégénérative chronique caractérisée par une destruction irréversible du cartilage. Les traitements médicaux soulagent les symptômes et freinent l’évolution, mais seule une intervention chirurgicale par remplacement prothétique permet de supprimer définitivement la douleur mécanique.

Quand faut-il envisager la pose d’une prothèse du genou ?

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L’indication chirurgicale est posée lorsque la douleur devient invalidante au quotidien, limitant le périmètre de marche et perturbant le sommeil. Elle s’envisage uniquement après l’échec prolongé d’un traitement médical bien conduit associant antalgiques, rééducation et infiltrations.

Qu’est-ce qu’une ostéotomie tibiale de valgisation ?

L’ostéotomie est une intervention chirurgicale consistant à sectionner partiellement le tibia pour en modifier l’axe. Cette procédure corrige une déformation en genu varum, déchargeant ainsi le compartiment interne usé au profit du compartiment externe sain.

Sources :

  • Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) – Recommandations sur la prise en charge chirurgicale de la gonarthrose.
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Guide du parcours de soins : Arthrose du genou (gonarthrose).

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