Cheville

Ligamentoplastie de la cheville : opération pour instabilité chronique

En bref Intervention indiquée en cas d’instabilité chronique de la cheville après échec d’un traitement médical et kinésithérapique bien conduit. La technique de référence consiste à retendre et renforcer le ligament collatéral latéral (intervention de Broström-Gould). La reprise des sports de pivot s’envisage généralement entre le quatrième et le sixième mois post-opératoire après validation clinique. L’instabilité chronique de la cheville affecte près de 20 % des patients ayant subi un premier traumatisme en inversion. Cette pathologie se caractérise par des dérobements fréquents et une appréhension lors de la marche en terrain accidenté. Lorsque la rééducation proprioceptive et le port d’orthèses ne suffisent plus à stabiliser l’articulation, une prise en charge chirurgicale devient nécessaire. L’intervention de référence est la ligamentoplastie cheville. Cette procédure vise à restaurer l’anatomie et la tension du complexe ligamentaire latéral. L’objectif clinique consiste à prévenir la dégradation cartilagineuse à long terme, qui mène inévitablement vers l’arthrose tibio-tarsienne. Le diagnostic repose sur un examen clinique minutieux évaluant la laxité articulaire, complété par une imagerie (échographie, IRM ou arthroscanner) pour faire le bilan des lésions ligamentaires et des éventuelles atteintes ostéochondrales associées. Indications et critères opératoires La chirurgie n’est jamais proposée en première intention lors d’un traumatisme aigu. La prise en charge initiale d’une entorse de la cheville repose systématiquement sur un protocole fonctionnel et une rééducation kinésithérapique prolongée. L’indication chirurgicale se pose face à une instabilité persistante au-delà de six mois de traitement conservateur. Le patient décrit une sensation de lâchement articulaire, accompagnée de récidives fréquentes. Les antécédents d’une entorse grave de la cheville mal cicatrisée constituent le principal facteur de risque. L’examen clinique met en évidence une laxité anormale, objectivée par un tiroir antérieur et un bâillement tibio-tarsien en varus. Plusieurs éléments confirment la nécessité d’une intervention : Échec d’une rééducation proprioceptive bien conduite sur plusieurs mois. Récidives multiples d’entorses lors des activités quotidiennes ou sportives. Appréhension douloureuse invalidante en terrain irrégulier. Présence de lésions cartilagineuses débutantes à l’imagerie. Déroulement de l’intervention chirurgicale La réparation ligamentaire se déroule le plus souvent en chirurgie ambulatoire, sous anesthésie locorégionale (bloc poplité) ou générale. L’opération dure en moyenne entre 45 minutes et une heure selon les lésions associées traitées. La technique chirurgicale la plus employée est la réparation anatomique de type Broström-Gould. Elle consiste à suturer et à retendre les faisceaux rompus du ligament collatéral latéral directement sur leur zone d’insertion osseuse au niveau de la malléole externe. Des ancres miniatures ou des vis d’interférence sont utilisées pour fixer solidement les tissus à l’os. Le chirurgien renforce ensuite ce montage en utilisant le rétinaculum des extenseurs, une structure fibreuse adjacente, pour créer un renfort tissulaire supplémentaire. Dans certains cas de laxité majeure ou de reprise chirurgicale, une reconstruction au moyen d’une greffe tendineuse (souvent prélevée sur le tendon gracilis au genou ou le court fibulaire) peut s’avérer nécessaire pour pallier la mauvaise qualité des tissus locaux. Suites opératoires et rééducation La phase post-opératoire immédiate requiert une immobilisation stricte. Une botte en résine ou une orthèse articulée est mise en place pour une durée de quatre à six semaines. L’appui complet est généralement autorisé sous couvert de cette contention, selon les directives du chirurgien. Des soins infirmiers réguliers sont nécessaires pour la réfection des pansements et la prévention thromboembolique. Le contrôle de la douleur est assuré par des antalgiques adaptés et le maintien du membre surélevé pour limiter l’œdème. La kinésithérapie débute dès la levée de l’immobilisation. Contrairement au traitement de l’entorse de la cheville en phase aiguë, la rééducation post-opératoire suit un protocole progressif et très encadré. Récupération des amplitudes articulaires en flexion et extension. Travail de renforcement musculaire des fibulaires. Exercices de proprioception sur plans instables. Réentraînement à la marche sans boiterie. Reprise des activités sportives Le retour à la pratique sportive constitue l’objectif final de cette prise en charge. Les délais de reprise dépendent du type de sport, de la technique chirurgicale employée et de l’évolution clinique de la rééducation. Les sports dans l’axe, comme la natation, le vélo ou le footing sur terrain plat, peuvent être repris progressivement entre le deuxième et le troisième mois post-opératoire. Une validation clinique de la stabilité et de la force musculaire est indispensable avant cette étape. Les sports de pivot ou de contact (football, basketball, tennis, rugby) exigent une cicatrisation ligamentaire complète et une proprioception parfaite. Leur reprise n’est autorisée qu’entre le quatrième et le sixième mois, souvent sous le couvert d’un strapping ou d’une chevillère souple lors des premiers entraînements. Suivi et pronostic à long terme L’instabilité chronique de la cheville expose l’articulation à une usure prématurée. La réparation chirurgicale restaure une anatomie fonctionnelle et prévient efficacement l’apparition de lésions ostéochondrales irréversibles. Les résultats cliniques montrent un taux de satisfaction élevé, avec une disparition de l’appréhension et une reprise des activités sans limitation dans la grande majorité des cas. Une consultation orthopédique spécialisée permet d’établir un bilan précis des lésions et de déterminer la stratégie thérapeutique la plus adaptée à l’anatomie et aux exigences fonctionnelles du patient. Questions fréquentes L’opération de la cheville est-elle douloureuse ? Les douleurs post-opératoires sont généralement bien contrôlées par l’anesthésie locorégionale qui se prolonge quelques heures après l’intervention. Un traitement antalgique per os est prescrit pour les jours suivants afin de garantir un confort optimal pendant la phase inflammatoire initiale. Combien de temps dure l’arrêt de travail ? La durée de l’arrêt de travail varie de deux à six semaines, en fonction de la profession exercée. Un emploi sédentaire permet une reprise rapide, tandis qu’un travail physique exigeant des déplacements fréquents nécessitera un arrêt plus prolongé. Quand peut-on conduire après l’intervention ? La conduite automobile est strictement proscrite tant que la cheville est immobilisée dans une botte et que le patient utilise des béquilles. La reprise du volant s’envisage généralement autour de la sixième semaine, après l’ablation de l’orthèse et la récupération d’un appui complet indolore. Sources : Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) – Recommandations sur la prise en charge de l’instabilité chronique de la cheville. Haute Autorité de Santé (HAS)

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Cheville gonflée après entorse : durée du gonflement et solutions

En bref L’œdème post-traumatique constitue une réaction physiologique normale de défense et de cicatrisation tissulaire. La phase aiguë du gonflement articulaire culmine généralement entre 48 et 72 heures après le traumatisme initial. Un épanchement résiduel peut persister plusieurs semaines, particulièrement en fin de journée ou après la reprise de l’appui. Le traumatisme en torsion de l’arrière-pied représente un motif de consultation traumatologique majeur, avec près de 6000 cas quotidiens en France. La lésion du complexe ligamentaire latéral déclenche une cascade inflammatoire immédiate. Cette réaction physiologique se manifeste par une douleur, une rougeur, une chaleur et un œdème localisé. La survenue d’une entorse de la cheville entraîne inévitablement cet épanchement liquidien. Lors d’une entorse cheville gonflement et hématome témoignent directement de la rupture vasculaire locale. La gestion précoce de ce volume liquidien dicte la qualité de la récupération fonctionnelle et limite la fibrose tissulaire. Mécanisme inflammatoire et formation de l’œdème Le traumatisme en inversion provoque une mise en tension brutale des faisceaux ligamentaires. La déchirure des fibres collagènes s’accompagne d’une rupture des micro-vaisseaux adjacents. Ce saignement local crée un hématome, souvent visible sous la forme d’une ecchymose malléolaire externe ou plantaire. Simultanément, la libération de médiateurs chimiques, comme l’histamine et les prostaglandines, augmente la perméabilité des capillaires sanguins. Le plasma s’exsude vers le tissu interstitiel, formant l’œdème clinique. Ce liquide contient des macrophages et des cellules immunitaires chargés de nettoyer les débris cellulaires. L’association de l’hématome et de l’œdème interstitiel génère une augmentation significative du volume de l’articulation. Cette distension brutale de la capsule articulaire stimule les mécanorécepteurs périphériques, exacerbant la sensation douloureuse lors de la mobilisation. Durée d’évolution et phases de résorption La chronologie de la tuméfaction articulaire suit un schéma clinique prévisible et documenté. La phase aiguë s’installe dans les premières heures et atteint son volume maximal entre le deuxième et le troisième jour. Le pied et le cou-de-pied présentent alors un aspect globalement empâté. La résorption s’amorce généralement à partir du quatrième jour, sous réserve de l’application d’un protocole thérapeutique strict. La diminution du volume liquidien s’opère progressivement sur une période de deux à trois semaines. Une stagnation au-delà de ce délai justifie une réévaluation clinique spécialisée. Dans le cadre d’une entorse grave de la cheville, impliquant une rupture ligamentaire complète, la dynamique de cicatrisation diffère. Un gonflement résiduel modéré, déclenché par la station debout prolongée ou la reprise sportive, s’observe fréquemment jusqu’au troisième mois post-traumatique. Protocoles de drainage et solutions thérapeutiques La maîtrise de l’épanchement articulaire repose sur des actions mécaniques et thermiques instaurées le plus précocement possible. Le protocole POLICE (Protection, Optimal Loading, Ice, Compression, Elevation) constitue l’approche de référence validée par les sociétés savantes. Le traitement de l’entorse de la cheville vise prioritairement à limiter l’extravasation liquidienne. Le positionnement du membre inférieur au-dessus du niveau du cœur favorise le retour veineux et lymphatique. Les mesures cliniques suivantes optimisent la réduction de l’œdème : Application de cryothérapie par sessions de 15 à 20 minutes, répétées quatre à cinq fois par jour. Mise en place d’une contention élastique ou d’une orthèse stabilisatrice pour exercer une pression externe homogène. Mobilisation active précoce dans l’axe de l’articulation (flexion-extension), strictement sous le seuil de la douleur. Drainage lymphatique manuel réalisé par un masseur-kinésithérapeute lors de la phase subaiguë. Critères cliniques de réévaluation Un œdème disproportionné, hyperalgique, ou ne répondant pas aux mesures de déclive nécessite une investigation médicale approfondie. L’incapacité totale à prendre appui sur le membre lésé constitue le premier signe d’alerte fonctionnelle. L’examen clinique recherche systématiquement des lésions ostéo-articulaires associées. Plusieurs éléments imposent la réalisation d’une imagerie médicale complémentaire (radiographie, échographie ou IRM) : Douleur osseuse exquise à la palpation des reliefs malléolaires, du naviculaire ou de la base du cinquième métatarsien. Déformation anatomique visible de l’axe de la cheville. Gonflement persistant sans aucune amélioration après dix jours de traitement orthopédique bien conduit. Apparition de signes neurologiques compressifs, comme des dysesthésies ou une perte de sensibilité distale. La tuméfaction articulaire consécutive à un traumatisme en torsion constitue une réponse biologique inévitable. Sa résorption progressive conditionne la reprise des activités quotidiennes et sportives. Un épanchement récalcitrant masque parfois des lésions ostéochondrales sous-jacentes, un syndrome d’accrochage tissulaire ou une instabilité chronique naissante. La persistance d’un volume articulaire anormal au-delà des délais physiologiques de cicatrisation impose un bilan orthopédique exhaustif. L’examen clinique spécialisé, systématiquement couplé à une imagerie ciblée, permet d’adapter la stratégie thérapeutique. Cette démarche rigoureuse écarte toute complication structurelle et prévient l’arthrose post-traumatique. Questions fréquentes Est-il habituel d’avoir la cheville enflée le soir plusieurs semaines après le traumatisme ? L’œdème déclive vespéral représente une évolution clinique classique et bénigne. La station debout prolongée et la pesanteur entravent le retour veineux, provoquant un léger gonflement en fin de journée pendant deux à trois mois post-traumatiques. Faut-il appliquer de la chaleur pour dégonfler l’articulation ? L’application de chaleur reste formellement contre-indiquée lors de la phase aiguë car la vasodilatation induite majore l’épanchement. La cryothérapie constitue le traitement thermique de référence pendant les premiers jours pour obtenir une vasoconstriction efficace. Les anti-inflammatoires accélèrent-ils la disparition de l’œdème ? Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) diminuent la symptomatologie douloureuse mais ralentissent le processus naturel de cicatrisation ligamentaire. Leur prescription systématique n’est plus recommandée par les autorités de santé lors des premiers jours suivant le traumatisme. Sources : Haute Autorité de Santé (HAS) – Recommandations sur la prise en charge de l’entorse de la cheville au service d’urgences. Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) – Directives cliniques sur les traumatismes récents de la cheville.

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Tendinite du tendon d’Achille : symptômes, traitement et prévention

En bref Pathologie de surcharge mécanique liée à des microtraumatismes répétés sur les fibres collagéniques. Le diagnostic repose sur un examen clinique ciblé, souvent complété par une échographie tendineuse. Le traitement de première intention est fonctionnel, associant rééducation excentrique et ondes de choc. Le tendon d’Achille, structure fibreuse reliant le muscle triceps sural au calcaneus, supporte des charges pouvant atteindre plusieurs fois le poids du corps lors de la course. La pathologie couramment appelée tendinite achille correspond cliniquement à une tendinopathie, caractérisée par une dégénérescence des fibres collagéniques plutôt qu’une simple inflammation. Cette affection représente une part majeure des consultations en traumatologie du sport. L’augmentation brutale de la charge d’entraînement constitue le principal facteur déclenchant. Une prise en charge précoce permet d’éviter l’évolution vers une rupture tendineuse. Mécanismes et facteurs de risque Le développement d’une Tendinite au niveau calcanéen résulte d’un déséquilibre entre les contraintes mécaniques appliquées et la capacité de réparation tissulaire. Les microtraumatismes répétés altèrent la structure du collagène, entraînant un épaississement et une perte d’élasticité du tendon. Modification brutale de l’intensité ou du volume d’entraînement sportif. Troubles statiques du pied, notamment le pied plat ou l’hyperpronation. Rétraction chronique de la chaîne musculaire postérieure. Prise de certains traitements médicamenteux, comme les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones. Symptômes cliniques Le tableau clinique se caractérise par une douleur localisée sur le trajet du tendon ou à son insertion sur l’os du talon. Tout comme les Symptômes tendinite du genou, la symptomatologie est d’abord mécanique. La douleur apparaît typiquement au réveil ou au début de l’effort, s’atténue avec l’échauffement, puis réapparaît après l’activité. Un gonflement focalisé ou la présence d’un nodule palpable témoigne d’un remaniement tissulaire chronique. Une raideur matinale de la cheville accompagne fréquemment ces signes cliniques. À un stade avancé, la douleur devient permanente et limite la marche quotidienne, imposant une claudication. Diagnostic médical et imagerie L’examen clinique suffit généralement à poser le diagnostic de Tendinopathie d’Achille. Le praticien recherche une douleur à la palpation en pince, évalue la souplesse tibio-tarsienne et teste la force musculaire du mollet. L’échographie constitue l’examen de première intention pour confirmer l’atteinte structurelle. Cet examen d’imagerie objective l’épaississement tendineux, la présence de fissurations intra-tendineuses, de calcifications ou une hypervascularisation visible au mode Doppler. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est réservée aux formes rebelles ou lors d’une suspicion de rupture partielle. Elle cartographie précisément l’étendue des lésions et l’état des tissus adjacents avant une éventuelle intervention chirurgicale. Protocoles de traitement et rééducation La prise en charge initiale repose sur la modification des activités et un traitement fonctionnel. Le repos sportif strict est déconseillé car il favorise l’atrophie musculaire et la désorganisation des fibres collagéniques. Protocole de rééducation excentrique spécifique (type Stanish ou Alfredson). Thérapie par ondes de choc radiales ou focales pour stimuler la cicatrisation. Injections de plasma riche en plaquettes (PRP) sous guidage échographique. Adaptation du chaussage par la prescription d’orthèses plantaires sur mesure. Le traitement chirurgical, tel que le peignage du tendon ou la résection d’un éperon osseux de Haglund, est envisagé uniquement après échec de six mois de traitement médical bien conduit. Prévention et reprise sportive La prévention des récidives exige une gestion rigoureuse de la charge d’entraînement. La quantification du stress mécanique permet d’adapter l’effort aux capacités tissulaires du moment. Un travail d’assouplissement régulier du triceps sural maintient l’élasticité de la chaîne postérieure. L’hydratation et le respect des phases de récupération participent activement au métabolisme de réparation du tissu conjonctif. La reprise des sports d’impact doit s’effectuer de manière graduelle, en validant l’absence de douleur post-effort sur un cycle de vingt-quatre heures. L’atteinte du tendon d’Achille constitue une pathologie d’hypersollicitation nécessitant un diagnostic précis et une prise en charge précoce. La rééducation excentrique et la gestion de la charge mécanique demeurent les piliers du traitement conservateur. L’absence d’amélioration malgré un protocole médical rigoureux justifie une évaluation spécialisée approfondie. Une consultation orthopédique permet d’écarter les complications, d’optimiser l’arsenal thérapeutique et de discuter des indications chirurgicales adaptées à la lésion anatomique. Questions fréquentes Combien de temps dure la guérison d’une atteinte du tendon d’Achille ? Le délai de cicatrisation varie de trois à six mois selon l’ancienneté des lésions et le stade de dégénérescence. Une prise en charge précoce réduit considérablement la durée de la rééducation. Faut-il arrêter le sport en cas de douleur au tendon ? L’arrêt total est contre-productif pour la réparation tendineuse et favorise l’enraidissement. Une adaptation de l’activité, en remplaçant temporairement les sports d’impact par la natation ou le cyclisme, est privilégiée. Les infiltrations de corticoïdes sont-elles recommandées ? L’injection de corticoïdes au contact direct du tendon d’Achille est formellement déconseillée. Cette pratique augmente drastiquement le risque de nécrose tissulaire et de rupture tendineuse spontanée. Sources : Haute Autorité de Santé (HAS) – Recommandations sur la prise en charge des tendinopathies du membre inférieur. Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) – Pathologies du tendon d’Achille chez le sportif.

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Entorse de cheville à répétition : comment stopper la récidive ?

En bref L’instabilité chronique affecte 20 à 30 % des patients après un premier traumatisme en inversion. Le diagnostic repose sur la mise en évidence d’une laxité mécanique et d’un déficit proprioceptif. La réparation anatomique (intervention de Broström-Gould) ou la ligamentoplastie stabilisent définitivement l’articulation. L’entorse de la cheville représente le traumatisme articulaire le plus fréquent, avec près de 6000 cas quotidiens en France. Si la majorité guérit sans séquelle, près de 20 à 30 % des patients développent une instabilité chronique. Une entorse de la cheville mal soignée ou des lésions ligamentaires initiales sévères favorisent cette fragilité. Face à une entorse cheville récidive, le risque d’arthrose précoce augmente significativement. La prise en charge nécessite une évaluation clinique rigoureuse pour identifier les causes mécaniques ou proprioceptives de cette instabilité. L’objectif thérapeutique consiste à restaurer la continence ligamentaire et à prévenir la dégradation cartilagineuse de l’articulation talo-crurale. Mécanismes de l’instabilité chronique L’instabilité chronique de la cheville résulte d’un déficit mécanique ou fonctionnel. Le faisceau talo-fibulaire antérieur (LTFA) et le faisceau calcanéo-fibulaire (LCF) sont les structures les plus fréquemment lésées. Une cicatrisation en position d’allongement engendre une laxité résiduelle permanente. Le déficit proprioceptif constitue le second facteur de récidive. Les mécanorécepteurs articulaires, endommagés lors du traumatisme initial, transmettent des informations erronées au système nerveux central. Le temps de réaction des muscles stabilisateurs, notamment les fibulaires, s’allonge considérablement. Ce retard de contraction musculaire empêche la stabilisation active de l’articulation lors d’un mouvement de torsion. La répétition des épisodes justifie la recherche systématique des séquelles d’une entorse grave de la cheville non diagnostiquée initialement. Bilan clinique et imagerie médicale L’examen clinique quantifie la laxité par la recherche d’un tiroir antérieur et d’un bâillement tibio-talien en varus. L’évaluation recherche également des douleurs à la palpation des gouttières rétro-malléolaires ou de la syndesmose tibio-fibulaire. Le bilan d’imagerie débute systématiquement par des radiographies en charge de la cheville et du pied. Ces clichés éliminent une fracture méconnue et recherchent des signes précoces d’arthrose talo-crurale ou des calcifications péri-articulaires. L’échographie et l’IRM complètent l’exploration pour cartographier précisément les lésions tissulaires. L’IRM permet d’identifier plusieurs anomalies associées au tableau d’instabilité : Rupture complète ou cicatrisation fibreuse épaissie du LTFA Lésions ostéochondrales du dôme du talus Fissuration ou ténosynovite des tendons fibulaires Conflit tissulaire antéro-latéral (syndrome du carrefour) Protocoles de rééducation et traitement conservateur La prise en charge de première intention reste systématiquement médicale et fonctionnelle. Une rééducation spécifique et assidue sur plusieurs mois constitue la base du traitement de l’entorse de la cheville à répétition. Le renforcement musculaire cible prioritairement les muscles éverseurs de la cheville, à savoir le long et le court fibulaires. Ce travail excentrique et concentrique vise à restaurer un verrouillage actif performant lors des contraintes mécaniques en inversion. La reprogrammation neuromotrice, ou travail proprioceptif, s’effectue sur des plans instables. L’utilisation ponctuelle d’une orthèse stabilisatrice ou d’un strapping reste strictement réservée aux activités sportives présentant un haut risque de torsion. Indications et techniques chirurgicales L’intervention chirurgicale s’envisage après l’échec d’un traitement conservateur bien conduit pendant au moins six mois. La gêne fonctionnelle quotidienne, l’appréhension permanente et la confirmation radiologique de la laxité valident l’indication opératoire. Plusieurs techniques chirurgicales permettent de stabiliser l’articulation de manière pérenne. La réparation anatomique, type intervention de Broström-Gould, consiste à retendre les ligaments natifs distendus et à les renforcer par le rétinaculum des extenseurs. En cas de tissu ligamentaire insuffisant, une ligamentoplastie de substitution s’avère nécessaire. Le chirurgien utilise une greffe tendineuse (gracilis ou plantaire) pour recréer l’anatomie ligamentaire latérale. Les suites opératoires suivent un protocole strict : Immobilisation par botte en résine ou orthèse stricte pendant 4 à 6 semaines Interdiction d’appui complet durant les premières semaines selon la technique employée Reprise de la rééducation proprioceptive dès l’ablation de l’immobilisation Autorisation de reprise des sports de pivot après un délai de 4 à 6 mois L’instabilité chronique de la cheville expose le patient à un risque majeur de dégradation cartilagineuse à long terme. La répétition des traumatismes n’est pas une fatalité liée à une simple fragilité constitutionnelle. Une analyse biomécanique précise permet d’orienter la prise en charge vers un protocole de rééducation ciblé ou une reconstruction chirurgicale. La restauration d’une stabilité articulaire parfaite prévient l’évolution vers l’arthrose talo-crurale et autorise la reprise des activités sportives sans appréhension. Une consultation orthopédique spécialisée s’impose dès le troisième épisode d’entorse. Questions fréquentes Combien de temps dure la rééducation après une chirurgie ligamentaire de la cheville ? La rééducation post-opératoire s’étend généralement sur 3 à 6 mois. Les premières semaines se concentrent sur la récupération des amplitudes articulaires, suivies d’un renforcement musculaire progressif. Le travail proprioceptif intensif débute au troisième mois pour préparer la reprise sportive. Peut-on courir avec une instabilité chronique de la cheville ? La course à pied sur terrain plat et régulier, sport dans l’axe, reste souvent possible sans douleur. La pratique sur terrain accidenté expose cependant à un risque très élevé de récidive. Le port d’une orthèse souple de maintien est systématiquement recommandé en l’absence de traitement chirurgical curatif. L’arthrose de la cheville est-elle inévitable après de multiples entorses ? L’arthrose n’est pas systématique mais le risque augmente de façon exponentielle avec le nombre d’épisodes traumatiques. Chaque torsion sévère provoque des micro-lésions du cartilage talien. La stabilisation chirurgicale précoce de l’articulation freine significativement cette évolution dégénérative. Sources : Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) – Recommandations sur le diagnostic et le traitement de l’instabilité chronique de la cheville. Haute Autorité de Santé (HAS) – Critères cliniques et prise en charge thérapeutique de l’entorse de la cheville et de ses séquelles.

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