Épicondylite du coude : le tennis elbow expliqué simplement

En bref

  • L’épicondylite latérale est une tendinopathie d’insertion des muscles extenseurs du poignet et des doigts.
  • Le diagnostic est essentiellement clinique, confirmé par la douleur à la palpation et à l’extension contrariée.
  • Le traitement médical de première intention permet la guérison dans 80 à 90 % des cas sur une période de 6 à 12 mois.

L’affection tendineuse la plus fréquente du coude touche environ 1 à 3 % de la population adulte, avec un pic d’incidence entre 35 et 55 ans. Connue sous le terme de « tennis elbow », l’épicondylite correspond à une lésion de surmenage des tendons insérés sur la face externe du coude.

Cette pathologie résulte de microtraumatismes répétés liés à des sollicitations mécaniques excessives de l’avant-bras et du poignet. L’altération des fibres tendineuses entraîne une douleur invalidante lors des gestes du quotidien et de la préhension en force.

La prise en charge précoce limite le risque de passage à la chronicité, une évolution observée dans une minorité de cas nécessitant parfois un recours chirurgical après échec du traitement conservateur.

Mécanisme de l’épicondylite latérale

L’épicondylite latérale implique principalement le tendon du muscle court extenseur radial du carpe. L’insertion de ce tendon sur l’épicondyle latéral subit des contraintes de traction lors de la préhension et de l’extension du poignet.

La répétition de ces mouvements sans temps de récupération adéquat génère des micro-déchirures. Le processus n’est pas purement inflammatoire, mais plutôt dégénératif, caractérisé par une désorganisation des fibres de collagène appelée angiofibroplasie.

Certaines activités augmentent la probabilité de développer cette pathologie :

  • Travail sur ordinateur prolongé avec mauvaise ergonomie du poste.
  • Manipulation répétée d’outils de bricolage ou de jardinage.
  • Pratique de sports de raquette avec un matériel inadapté ou une technique défectueuse.
  • Port de charges lourdes avec le coude en extension.
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Symptômes et diagnostic clinique

Le tableau clinique typique associe une douleur localisée sur le relief osseux externe du coude et une irradiation douloureuse sur la face postérieure de l’avant-bras. La gêne s’intensifie lors de la préhension ferme d’objets.

Les patients signalent fréquemment une faiblesse musculaire, rendant difficile des gestes simples comme verser de l’eau, tourner une poignée de porte ou serrer une main. Le repos soulage généralement les symptômes tendineux.

L’examen clinique suffit à poser le diagnostic. Le praticien recherche une douleur exquise à la pression de l’épicondyle. Des tests spécifiques reproduisent la douleur, notamment l’extension contrariée du poignet ou du majeur coude tendu.

L’imagerie médicale sert principalement à écarter d’autres pathologies articulaires. L’échographie permet de visualiser l’épaississement du tendon, d’éventuelles calcifications ou des fissures intratendineuses.

Options thérapeutiques médicales

La modification des activités responsables de la surcharge tendineuse constitue la première étape du traitement de l’épicondylite. Le port d’une orthèse de poignet ou d’un bracelet épicondylien réduit la tension sur l’insertion tendineuse.

La rééducation par un kinésithérapeute intègre des étirements spécifiques, des massages transverses profonds et un renforcement musculaire excentrique. Ces techniques stimulent la cicatrisation et la réorganisation des fibres tendineuses.

En cas de douleur persistante, des traitements adjuvants sont envisagés :

  • Infiltrations de corticoïdes pour un soulagement à court terme de la phase hyperalgique.
  • Injections de plasma riche en plaquettes (PRP) pour favoriser la régénération tissulaire.
  • Thérapie par ondes de choc extracorporelles pour stimuler la vascularisation locale.

Indications chirurgicales

L’intervention chirurgicale s’adresse aux formes rebelles, définies par l’échec d’un traitement médical bien conduit pendant au moins six à douze mois. Elle concerne moins de 10 % des patients atteints d’épicondylite latérale.

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L’opération se déroule le plus souvent en ambulatoire, sous anesthésie locorégionale. La technique chirurgicale consiste à exciser les tissus tendineux dégénératifs et à désinsérer partiellement le tendon malade pour relâcher la tension (ténotomie).

Des micro-perforations de l’os sous-jacent peuvent être réalisées pour provoquer un saignement et stimuler l’apport de cellules réparatrices. La procédure s’effectue à ciel ouvert ou sous arthroscopie selon les constatations cliniques.

L’immobilisation postopératoire reste brève. La reprise des activités quotidiennes légères s’envisage après quelques semaines, tandis que le retour aux travaux de force ou aux sports de raquette requiert trois à six mois de rééducation.

L’atteinte tendineuse de la face externe du coude requiert une prise en charge médicale précoce et adaptée pour éviter l’installation de douleurs chroniques. La correction des gestes nocifs et la rééducation demeurent les piliers de la guérison. Devant une symptomatologie persistante et invalidante malgré un traitement conservateur optimal, une évaluation par un chirurgien orthopédiste permet de discuter l’indication d’une libération tendineuse chirurgicale.

Questions fréquentes

Combien de temps dure une épicondylite ?

Le temps de guérison spontanée ou sous traitement médical varie de 6 à 18 mois. La régénération du tissu tendineux est un processus biologique lent, nécessitant une adhésion stricte aux consignes de repos relatif et de rééducation.

Un arrêt de travail est-il systématique ?

L’arrêt de travail dépend de la profession exercée. Il s’avère nécessaire pour les travailleurs manuels soumis à des mouvements répétitifs du poignet ou au port de charges, le temps de réduire la phase aiguë de la pathologie.

Quelle est la différence entre épicondylite et épitrochléite ?

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L’épicondylite, ou tennis elbow, affecte les tendons extenseurs sur la face externe du coude. L’épitrochléite, ou golfer’s elbow, touche les tendons fléchisseurs insérés sur la face interne du coude.

Sources :

  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Recommandations sur la prise en charge des tendinopathies du membre supérieur.
  • Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) – Pathologies du coude et épicondylite.
  • Ameli.fr – Reconnaître et traiter l’épicondylite.

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